Open book management

En exposant mon projet et mon expérience à différents interlocuteurs au salon des entrepreneurs la semaine dernière, il y a une personne en particulier que je n’ai pas réussi a séduire. Son principal argument était que je revenais de 12 ans d’expérience en informatique, et que se lancer dans la restauration sans être soit même de la partie était suicidaire. Je n’ai pas eu le temps malheureusement de lui exposer ma vision des choses, aussi je vais l’exposer dans ce billet.

Son postulat de départ était que je serrais trop dépendant d’un chef en cuisine. Si celui ci décidait de refuser de travailler un soir s’il n’était pas augmenté, je serais coincé. Pour moi un restaurant doit se gérer comme n’importe quel entreprise plus classique. Si j’en arrive a ce genre de situation, c’est que j’aurais fait 2 erreurs : l’une au recrutement et l’autre lors du management. Si j’étais cuisinier moi même je pourrais solutionner ce genre de conflit en prenant la place de l’employé. Mais avec un bon management je peux tout simplement anticiper et éliminer ce problème, attitude pour moi beaucoup plus saine.

Quel que soit son domaine d’activité une entreprise est constituée de différentes personnes aux compétences diverses et il ne tiens qu’au patron de bien les exploiter, les valoriser et les rétribuer. J’ai par le passé travaillé dans de nombreuses entreprises où il était clairement statué que « personne n’est irremplaçable », ce qui entraînait un sentiment de n’être qu’un outil de production plutôt qu’un être humain pour l’employé. Si j’ai décidé aujourd’hui de monter mon entreprise c’est peut être avant tout pour laisser libre court à mes idées et mon ambition sans être bridé par une hiérarchie. Et je veux pousser l’idée plus loin en élargissant ces bénéfices à l’ensemble des gens qui travailleront avec moi.

Jeudi, j’ai assisté à une mini onférence à l’atelier des médias, animé par Grant Gudgel : « L’entreprise ouverte et la création de valeur collaborative« . L’échange a été passionnant et je suis ressorti avec pleins de références à checker. Notamment le terme de « Open Book Management« . Imaginez une entreprise où tout les comptes sont affichés au mur. Chacun connait le salaire des autres et même du patron, chacun connait les couts et marges des produits, et le plus important : tout le monde peux proposer une piste d’amélioration au process et à la rentabilité de l’entreprise.

J’ai de grandes ambitions pour Yumcha, et je suis persuadé que je ne pourrais les accomplir seul. Qui mieux que les personnes que je choisis pour travailler avec moi pour porter et faire progresser l’entreprise. Je ne veux pas être un self made man, je veux juste réaliser mes ambitions et si je peux au passage aider à réaliser celles d’autres personnes, c’est encore mieux. J’ai toujours eu l’intime conviction que le travail collaboratif, sur un même pied d’égalité, en responsabilisant et écoutant les idées de chaque personne, en laissant le droit aux gens de faire ce qu’ils pensent bon pour l’ensemble, est une meilleure approche que la hiérarchie classique du boss et de ses exécutants.

Pour exemple, la Game Dev Party, va fêter demain, le 24 juin,  son premier anniversaire. C’est un petit projet que j’ai eu envie de réaliser sans moyens ni grandes connaissances du monde associatif. J’ai eu la chance de tout de suite tomber sur l’oreille attentive de Sarah (@mereteresa), et tous les 2 nous sommes aller exposer notre projet à Pascale (@plagahe) de l’atelier des médias, pour lancer notre premier événement consacré à la création de jeux vidéos en 1 week end. Un an après, et après avoir croisé sur notre chemin Anne Laure, Marc, Laurent, Sylvain et tant d’autres, c’est une association dont je suis le président, qui organise différents types d’événements et de conférences autour de la création de jeux vidéo avec à chaque fois salle comble. Que d’émotion pour moi lors de la dernière conférence, imaginée, organisée et animée par Laurent et Anne Laure principalement. J’avais l’impression que mon bébé venait de faire ses premiers pas tout seul, sans mon aide, et ça c’est vraiment un super sentiment d’accomplissement, bien plus que si j’avait tout fait tout seul. Je ferais tout pour que Yumcha soit une aventure humaine aussi enrichissante que l’est la Game Dev Party.

7 Commentaires

  • 28 juin 2012 - 21 h 18 min | Permalien

    Encore un très chouette article ! ça fait du bien de lire des choses comme ça. La responsabilité tout comme l’humilité, le goût du travail et de l’amélioration, l’envie d’avancer ; tout cela ne doit être circonscrit au boss sous le prétexte qu’il est l’entrepreneur. S’il donne suffisamment d’outils, de confiance et d’autonomie à ses employés, l’aventure n’en sera que plus belle et collective.

    A très vite pour la suite de tes aventures !

  • 29 juin 2012 - 7 h 06 min | Permalien

    reste a trouver les personnes qui seront pas trop dérouté de travailler comme ça.
    Sophie qui a plusieurs resto sur Lyon (avec pour nom une celebre région viticole) a écrit un billet qui fait miroir à celui ci :
    http://www.sophierififi.com/chroniques-dun-restaurateur-part-7-comment-devenir-restaurateur-quand-on-nest-pas-du-metier/

  • 29 juin 2012 - 7 h 23 min | Permalien

    Merci pour le lien!
    J’ai lu avec attention ton article. Je te donne mon point de vue? Déjà, le Salon des Entrepreneurs, c’est le truc que je fuis à la base… Ils psychotent tous, donnent leurs avis alors que beaucoup n’y connaissent rien… Rien ne vaut un travail de fond mené par soi-même… Tu as l’air au point et motivé, je te souhaite de réussir, et je me retrouve aussi beaucoup dans ce que tu écris.
    Par contre, à la fin quand tu expliques que finalement tu souhaites « intégrer » ton équipe à la prise de décision, si j’ai bien compris, c’est là que je suis plus mitigée: c’est ton entreprise, ce sont tes capitaux, je pense qu’il faut rester maître des décisions… mais cela n’empêche pas de demander des avis et de discuter avec l’équipe… Responsabiliser et intégrer: c’est génial, mais tu verras que dans la réalité, il ne faut pas non plus trop de responsables, ça risque de partir dans tous les sens et de paralyser le fonctionnement de ta boite… Par contre, avoir un ou 2 associés qui t’aident dans ta prise de décision et dans la répartition des taches, c’est bien… Et puis tous les salariés n’ont peut-être pas envie de s’impliquer à ce point…
    Je vois chez moi: il y en a une grande partie qui vient, fait son job mais n’a pas du tout envie d’avoir à gérer et décider les problèmes du quotidien… Finalement, je crois que tout le monde trouve sa place naturellement…
    Je ne t’avance pas beaucoup, mais c’est intéressant de lire qqn qui a les même préoccupations que nous! Bonne continuation, j’ai hâte de lire la suite!

  • philippe
    29 juin 2012 - 7 h 30 min | Permalien

    oui je suis du genre idéaliste :D

  • Fanny
    2 juillet 2012 - 13 h 02 min | Permalien

    Bonjour Philippe,

    Je vais en rajouter une (petite) louche du côté rabat-joie mais, même avec la meilleure ambiance du monde, un bon cuisinier n’est pas à l’abris de tomber malade ou d’avoir un ennuis de dernière minute, alors rassure-moi : tu as un plan B d’urgence ? (tu sais assurer seuls pour quelques service ou tu as de la famille qui peut le faire?)
    Sinon, c’est très chouette de suivre comme ça ton aventure d’entrepreneur!

    • philippe
      2 juillet 2012 - 15 h 26 min | Permalien

      Oui rassure toi j’ai toute ma famille en support au cas ou. Et aussi je peux assurer les services sans cuisinier, les dim sum sont préparé à l’avance et meme mis dans les paniers a l’avance. Suffit de les cuire à la vapeur avant de servir. Bien sur que les employés auront droit de tomber malade ou partir en vacances ;)

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